Et si vous aviez appris à avoir honte de votre propre plaisir ?

Dépasser les interdits, les croyances et les injonctions pour s’autoriser une sexualité qui nous ressemble.


« Une femme respectable ne se comporte pas comme ça. » « Le sexe, ce n’est pas si important. » « Il ne faut pas trop en demander. »


Ces phrases ne sont pas toujours prononcées. Elles se transmettent par des silences, des regards désapprobateurs, des plaisanteries, une éducation où la sexualité reste un sujet tabou. Nous les intégrons sans nous en rendre compte, et une fois adultes, elles influencent encore notre rapport au désir, au plaisir et à notre corps.


Mais pourquoi aurions-nous honte de ce que nous ressentons ? Et si nous pouvions distinguer ce que nous désirons vraiment de ce que nous avons appris à considérer comme acceptable ?


Quand l’éducation façonne notre rapport au plaisir


Notre rapport à la sexualité se construit bien avant nos premières expériences. L’éducation familiale, la culture, les croyances et les normes sociales façonnent notre vision du désir. Selon notre histoire, nous avons reçu des messages très différents : la liberté, la discrétion, la maîtrise de soi, ou l’idée que la sexualité devait rester dans un cadre précis.


Certaines femmes ont grandi avec l’idée que le plaisir masculin allait de soi, tandis que le plaisir féminin devait rester discret : une femme peut être désirable, mais ne doit pas trop montrer son désir. Ces représentations ne touchent pas tout le monde de la même façon. Mais répétées assez longtemps, elles deviennent des croyances profondément ancrées, parfois difficiles à remettre en question.


Quand le désir s’accompagne de culpabilité


Vous pouvez avoir envie de faire l’amour, ressentir du plaisir, imaginer un fantasme… puis éprouver de la gêne, de la culpabilité ou la peur d’être jugé(e). Comme si une partie de vous disait oui, tandis qu’une autre rappelait ce que vous êtes censé(e) faire.


Cela peut se traduire par la peur de paraître trop demandeur ou demandeuse, la difficulté à dire ce qui vous plaît, des fantasmes gardés pour soi, des pratiques faussement appréciées pour répondre aux attentes de l’autre, ou des comparaisons pour savoir si l’on est « normal(e) ». À force, il devient difficile de savoir ce qui vient de vous et ce qui relève de la peur de décevoir ou de choquer. Votre sexualité n’a pas à ressembler à celle de votre entourage, ni à répondre à une quelconque norme.


Pudeur choisie ou interdit intériorisé ?


La pudeur n’est pas un problème. Certaines personnes aiment préserver leur intimité, préfèrent une sexualité discrète ou ressentent peu de désir ; d’autres sont plus spontanées ou expressives. Toutes ces façons de vivre sa sexualité sont légitimes. La question n’est pas de devenir plus libre au sens où la société l’entend, mais de savoir si vos choix vous correspondent. Vous pouvez vous demander :


  • Est-ce que je garde cela pour moi par choix, ou par peur d’être jugé(e) ?
  • Est-ce que je n’ai pas envie, ou est-ce que je n’ose pas reconnaître mon envie ?
  • Est-ce que j’accepte cette situation parce qu’elle me convient, ou parce que je crains de décevoir ?
  • Est-ce que je me sens libre de dire oui, mais aussi de dire non ?


Ces questions n’appellent pas de réponse immédiate. La liberté sexuelle ne consiste pas à tout oser : elle consiste à pouvoir choisir, sans pression, ce qui vous convient et ce qui ne vous convient pas.


Se réapproprier son plaisir, à son rythme


Se libérer de certaines croyances ne signifie pas effacer son histoire ni rejeter son éducation : il s’agit de faire le tri entre ce que l’on souhaite garder et ce qui ne nous correspond plus.


  1. Identifier les messages intégrés. Quelles phrases vous viennent quand vous ressentez du désir ou voulez exprimer une envie ? D’où viennent-elles ? Correspondent-elles à vos valeurs ?
  2. Accueillir ses envies sans se juger. Une envie n’est pas une obligation d’agir. Vous pouvez reconnaître un désir ou un fantasme sans le concrétiser.
  3. Oser communiquer, avec des mots simples, dans un contexte de confiance. Votre partenaire reste libre de ses limites, comme vous des vôtres.
  4. Respecter votre rythme. Vous n’avez rien à prouver. Votre liberté comprend aussi le droit de ne pas avoir envie de sexualité.


La sexothérapie, un espace pour déconstruire ses croyances


Certaines croyances sont si profondément ancrées qu’il est difficile de les questionner seul(e). La peur du jugement, la culpabilité ou des expériences passées continuent d’influencer le rapport au corps et au plaisir, même quand on sait intellectuellement que l’on a le droit de choisir. La sexothérapie offre un espace d’écoute pour explorer ces mécanismes et retrouver une relation plus apaisée à sa sexualité. L’hypnose peut, selon les besoins, s’y associer comme outil complémentaire. L’objectif n’est pas de vous faire entrer dans un modèle de sexualité, mais de vous aider à comprendre le vôtre.


Aimer le sexe, ne pas l’aimer, ressentir beaucoup de désir ou très peu, avoir des fantasmes ou non : aucune de ces réalités ne détermine votre valeur, votre dignité ou votre respectabilité. La liberté sexuelle commence peut-être quand vous cessez de vous demander si vous avez le droit de ressentir… et que vous vous demandez ce qui est juste pour vous.


À Corps des Cœurs, je vous accompagne dans l’exploration de votre relation au corps, au désir et à l’intimité, sans jamais chercher à vous transformer en quelqu’un d’autre. [Prendre rendez-vous]