Quand un traitement ou une période difficile éteint le désir : ce n’est pas « dans la tête »

Comprendre l’effet de certains médicaments, de la fatigue ou de la déprime sur l’intimité, et savoir en parler.


Depuis quelques semaines ou quelques mois, quelque chose a changé. Le désir est plus discret, l’excitation vient moins, le plaisir est moins net. Vous aimez toujours votre partenaire, vous n’avez pas de raison particulière d’aller mal, et pourtant votre intimité s’est éteinte. Vous vous dites peut-être que c’est « dans la tête », ou que vous n’y mettez pas assez du vôtre.


Peut-être que non. Votre corps et votre esprit traversent quelque chose, et cela mérite d’être entendu.


Ce qui peut éteindre le désir


Certains traitements peuvent modifier le désir, l’excitation, l’érection, la lubrification ou l’orgasme : par exemple certains antidépresseurs, certains traitements hormonaux, des médicaments contre l’hypertension ou d’autres traitements au long cours. Tous n’ont pas cet effet, et il varie beaucoup d’une personne à l’autre. Une maladie, une douleur chronique, un épuisement, un deuil, un burn-out ou une dépression peuvent aussi réduire l’envie : le corps et l’esprit sont occupés à tenir, et il reste peu d’énergie pour le plaisir.


Il arrive enfin que la contraception hormonale ou un changement hormonal (ménopause, post-partum) joue un rôle.


Ne pas arrêter seul(e)


Si vous pensez qu’un traitement joue un rôle, n’arrêtez pas de le prendre de votre propre initiative. Interrompre brutalement un traitement peut être dangereux, notamment pour un antidépresseur. Parlez-en à votre médecin : il existe souvent des ajustements possibles (dose, moment de la prise, autre molécule, autre approche). Oser en parler est parfois la plus grande difficulté, mais c’est une conversation tout à fait normale pour un professionnel de santé.


Quand on n’a plus envie


Une baisse de désir peut faire naître de la culpabilité, de la honte, la peur de décevoir, ou celle que le couple se défasse. On évite les gestes de tendresse pour ne pas laisser croire que l’on veut davantage. Le partenaire, lui, peut se sentir rejeté, sans comprendre ce qui se passe.


  • En parler avec votre partenaire. Expliquer ce qui se passe (« Mon corps traverse quelque chose, ce n’est pas à cause de toi ») évite bien des malentendus.
  • Garder la tendresse. Câlins, présence, gestes sans objectif : l’intimité n’est pas qu’une question de rapports.
  • Ne pas se forcer. Accepter des rapports sans envie pour « faire comme avant » éloigne encore le désir.
  • Prendre soin de soi. Sommeil, mouvement, repos, aide si besoin : le désir revient plus facilement quand le corps est apaisé.
  • Rester patient(e). Le désir peut revenir progressivement, parfois après l’ajustement d’un traitement ou la fin d’une période difficile.


Ce que la sexothérapie peut apporter


Elle ne remplace pas un suivi médical et ne modifie pas un traitement. Elle vient en complément : comprendre ce qui se joue, apaiser la culpabilité, retrouver des façons de partager de l’intimité, même quand le désir est en pause, et en parler à deux.


À Corps des Cœurs, vous pouvez venir poser ces questions sans honte, seul(e) ou en couple. [Prendre rendez-vous]


Une baisse de désir importante, durable ou accompagnée de tristesse persistante, d’épuisement ou de troubles du sommeil mérite un avis médical.