Sexualité orale : et si le plaisir n’avait rien à voir avec ce que l’on voit dans les films pornographiques ?

Dépasser les images, les injonctions et les appréhensions pour découvrir ce qui nous plaît réellement, librement et sans honte.


La sexualité orale peut être source de plaisir, de complicité et de découverte. Elle peut aussi susciter de la gêne, de l’appréhension, des blocages, surtout quand les images pornographiques deviennent, sans qu’on le décide, la référence de ce que l’on devrait aimer, savoir faire ou accepter.


Si vous vous reconnaissez, rien ne cloche chez vous : vous grandissez dans un monde où ces images sont partout, et où l’on parle rarement de ce que l’on ressent vraiment.


Le poids des images


Le cinéma pornographique met en scène des pratiques, des réactions exagérées et des scénarios faits pour être regardés, pas pour être vécus. Les corps, les gestes, la durée, l’enthousiasme constant : rien de tout cela ne reflète les envies ni les expériences de chacun. Pourtant, à force de les voir, on peut finir par s’en servir comme d’un modèle : on se compare, on se juge, on se demande si l’on est « normal(e) ».


La peur de ne pas savoir faire


Il y a souvent l’impression qu’il faudrait maîtriser une technique, produire une réaction précise, satisfaire parfaitement l’autre. Or le plaisir partagé ne se joue pas sur la performance. Il se construit dans l’attention, la lenteur, la curiosité, et dans l’échange : ce qui est agréable pour une personne ne l’est pas pour une autre, et cela change selon les jours. Personne ne naît en sachant : on apprend avec l’autre, en demandant, en observant, en acceptant de tâtonner.


Le rapport à son corps


La gêne vient souvent du regard que l’on porte sur soi : peur d’une odeur, d’un goût, de l’apparence de son sexe, d’être jugé(e) ou de ne pas être « assez bien ». Ces inquiétudes sont très répandues. Elles doivent pouvoir se dire, sans que l’autre réponde par une moquerie ou une minimisation. Se sentir en confiance, à l’aise et respecté(e) compte plus que n’importe quelle technique.


Éducation et tabous


Selon notre histoire, nous avons reçu des messages très différents sur ce qui serait convenable, dégradant, respectable ou honteux. Certains nous ont appris que cette pratique est sale ou humiliante ; d’autres, qu’elle est un passage obligé, un « dû ». Aucun de ces messages ne dit la vérité de ce que vous éprouvez. Vous n’avez pas à aimer une pratique parce qu’elle est présentée comme normale, excitante ou incontournable. Mais vous n’avez pas non plus à vous en priver parce que vous avez appris à la juger honteuse.

Curiosité ou obligation ?


On peut avoir envie de découvrir une pratique sans savoir si l’on va l’apprécier. On peut aussi ne pas en avoir envie du tout. Les deux sont légitimes. Aucune pratique n’est due à son partenaire : le consentement doit rester libre, à chaque instant, et chacun peut dire non ou changer d’avis, sans avoir à se justifier longuement.