Le Journal d'À Corps des Cœurs
Des mots pour comprendre, ressentir et avancer…
Des mots pour comprendre, ressentir et avancer…
Pour les femmes : dépasser les rôles imposés pour faire coexister son image sociale, ses fantasmes et sa sexualité réelle.
Une femme peut être une mère attentive, une partenaire aimante, une professionnelle accomplie… et nourrir des fantasmes qu’elle n’ose confier à personne. Aimer la tendresse et désirer parfois davantage d’audace. Être réservée dans la vie quotidienne et avoir une imagination érotique riche. Avoir besoin de sécurité affective tout en étant curieuse d’explorer d’autres facettes de sa sexualité.
Pourtant, certaines femmes ressentent un décalage entre celle qu’elles montrent au monde et celle qu’elles découvrent dans leur intimité. Comme si leurs désirs risquaient de remettre en question l’image qu’elles ont construite, ou celle que les autres ont d’elles.
D’où vient cette impression de devoir choisir entre plusieurs versions de soi ? Et si ces facettes n’étaient pas incompatibles ?
La femme respectable, la mère, la femme qui désire
Depuis longtemps, certaines représentations culturelles opposent trois figures : la femme respectable et maîtrisée, la mère entièrement tournée vers le soin, et la femme sexualisée, souvent réduite à un terme injurieux. Comme si une femme devait choisir son rôle : être une bonne mère, une partenaire rassurante et une personne respectable semblerait peu compatible avec une sexualité libre ou fantasmée.
Ces représentations ne marquent pas toutes les histoires de la même façon. Mais elles laissent des traces, surtout quand on a appris qu’une femme qui exprime son désir risque d’être jugée, tandis que celle qui le cache serait digne de respect. À force, on surveille ses envies, on retient ses paroles, on compartimente sa vie intime. Pourtant, on peut aimer profondément sa famille et avoir besoin de se sentir désirante, sensuelle et libre. Aucune de ces dimensions n’annule les autres.
Quand nos fantasmes ne correspondent pas à notre image
Il arrive d’avoir des fantasmes très éloignés de la personne que l’on pense être. Vous êtes plutôt discrète, mais votre imaginaire vous surprend. Vous aimez maîtriser votre quotidien, mais certains scénarios érotiques font une place au lâcher-prise. Vous avez construit une relation tendre et sécurisante, mais vous n’osez pas parler de certaines envies de peur de déstabiliser votre partenaire. Cela peut susciter de la honte : « Que va-t-il penser de moi s’il savait ? » « Et si mon désir changeait son regard sur moi ? »
Pourtant, un fantasme n’est pas une confession sur votre identité profonde, ni une obligation d’agir. L’imaginaire est un espace de curiosité, de jeu, de symboles et de sensations. Vous pouvez fantasmer une situation sans vouloir la vivre, ou avoir envie de l’explorer et décider finalement que ce n’est pas pour vous. Imaginer, désirer et choisir d’expérimenter sont trois choses différentes.
Peut-on être mère et rester une femme pleinement désirante ?
La maternité transforme souvent le rapport au corps, à l’intimité et à l’identité. Le quotidien laisse moins de place à la sensualité, la fatigue prend de l’espace. Certaines femmes ont le sentiment que leur identité de mère a recouvert les autres facettes d’elles-mêmes : elles donnent, organisent, protègent, mais peinent à retrouver une place pour leurs propres envies. D’autres éprouvent de la culpabilité à l’idée de se consacrer à leur plaisir, comme si cela les éloignait de leur rôle familial.
Or être une mère aimante ne veut pas dire renoncer à être une femme qui désire, qui ressent, qui explore, qui prend du temps pour elle. La tendresse et l’érotisme ne sont pas des opposés. Prendre soin des autres n’exige pas de s’oublier. Il ne s’agit pas non plus de devoir être sensuelle pour prouver que l’on existe en dehors de la maternité : certaines périodes portent beaucoup de désir, d’autres une envie plus discrète, voire absente. L’essentiel est de vivre cette réalité sans se sentir enfermée dans une identité imposée.
Faut-il tout montrer à son partenaire ?
Réconcilier ses facettes ne signifie pas tout dévoiler. Vous avez le droit de préserver votre jardin secret, de garder certains fantasmes pour vous ou de prendre le temps de comprendre ce que vous ressentez avant d’en parler. La confiance dans le couple peut permettre de partager davantage, mais elle ne devrait jamais devenir une obligation de transparence absolue. Si vous voulez ouvrir la conversation, vous pouvez commencer simplement :
L’autre a ses propres réactions et limites : le dialogue consiste à accueillir les différences, pas à convaincre. Une exploration intime n’a de sens que si chacun peut consentir librement, poser ses limites et changer d’avis.
Quelques questions pour vous retrouver
Il n’y a pas de bonne réponse. Certaines envies méritent d’être explorées, d’autres peuvent rester des fantasmes, et certaines croyances peuvent être gardées si elles correspondent à vos valeurs. Le but n’est pas de faire disparaître les contradictions, mais de les regarder avec plus de douceur et de liberté.
Vous pouvez être aimante, mère, respectable, sensuelle, audacieuse ou réservée. Vous n’avez pas à choisir entre la personne que vous êtes, celle que vous montrez et celle que vous désirez devenir : vous avez le droit de leur faire une place, sans jamais vous trahir.
À Corps des Cœurs, la sexothérapie vous offre un espace pour explorer votre rapport au désir, aux fantasmes, à l’image de soi et aux injonctions héritées de votre histoire, sans jugement ni modèle à atteindre. [Prendre rendez-vous]