Le désir féminin : spontané ou réactif ?

Comprendre les deux façons dont le désir peut apparaître, et cesser de se demander ce qui cloche.


Pendant longtemps, nous avons imaginé le désir comme une évidence. Une envie qui surgit sans prévenir, comme dans les films. Un regard, une caresse, et soudain, le désir est là.


Mais que se passe-t-il lorsque ce n’est pas votre réalité ?


Lorsque vous aimez votre partenaire, que vous vous sentez bien avec lui ou elle, et que vous ne ressentez pourtant pas spontanément cette envie ? Lorsque vous vous demandez :

« Est-ce que quelque chose ne va pas chez moi ? »


Peut-être rien du tout.


Deux façons de vivre le désir


Il existe différentes façons de ressentir le désir. On distingue notamment le désir spontané et le désir réactif.


Le désir spontané apparaît sans qu’une stimulation particulière soit nécessaire. L’envie arrive d’elle-même, parfois au détour d’une pensée, d’un souvenir, d’un moment banal de la journée.

C’est l’image que l’on retrouve le plus souvent dans les films et les magazines.


Le désir réactif, lui, émerge progressivement au cours de la rencontre. Il ne précède pas le rapprochement : il en naît.


Imaginez :


Un dimanche matin, sans rien de prévu. Vous ne pensiez pas à l’intimité. Vous restez un moment l’un contre l’autre, on se raconte des riens, on rit. Une main se pose, un baiser arrive, vous vous sentez bien. Et quelque chose commence à bouger.


L’envie apparaît après le début de la rencontre.


Ce n’est pas forcément un manque de désir. Ce n’est pas forcément un dysfonctionnement. C’est simplement une autre manière dont le désir peut se manifester. Beaucoup de personnes, et de nombreuses femmes en particulier, le reconnaissent dans leur propre vécu. Il arrive aussi que l’on passe de l’un à l’autre selon les périodes de la vie, ou que l’on vive les deux.


Pourquoi le savoir change tout


Comprendre cela peut transformer profondément le regard que l’on porte sur soi. Car si vous attendez toujours de ressentir l’envie avant de vous rapprocher, vous risquez de penser que votre désir a disparu. Alors qu’il avait peut-être simplement besoin d’un contexte pour apparaître.


Ce contexte n’est pas le même pour tout le monde. Souvent, il ressemble à :


  • du temps, sans précipitation ni liste de tâches en tête,
  • un sentiment de sécurité et de confiance,
  • de la tendresse, des mots doux, de l’attention,
  • un corps détendu, plutôt que fatigué ou sous pression,
  • le droit de ralentir, de s’arrêter, de dire non à tout moment.


Comment savoir lequel vous ressemble ?


Il n’y a pas de bonne réponse. Quelques questions pour vous observer, sans vous juger :


  • vous arrive-t-il d’avoir envie « de nulle part », en pensant à l’autre ou à un souvenir ?
  • ou l’envie vient-elle plutôt quand le moment s’y prête : après un câlin, un fou rire, un moment de complicité ?
  • quand vous n’avez pas envie au départ, que se passe-t-il si vous vous rapprochez sans but précis, en sachant que vous pouvez arrêter ?
  • votre désir change-t-il selon la fatigue, le stress ou les périodes de la vie ?


Aucun des deux n’est plus « normal » ou plus « sain » que l’autre. Beaucoup de personnes se reconnaissent dans les deux, selon les moments.


Ce que le désir réactif n’est pas


Cela ne signifie évidemment pas qu’il faut accepter une relation sexuelle lorsque l’on n’en a pas envie. Le consentement reste toujours libre.


Le désir réactif n’est pas une invitation à se forcer, ni un argument pour insister auprès de quelqu’un. Il invite simplement à comprendre que l’envie peut parfois naître de la rencontre, plutôt que la précéder, et que l’on peut s’autoriser à se rapprocher sans engagement, en gardant la liberté d’arrêter quand on le souhaite.


Et quand on est deux ?


Quand l’un vit un désir plutôt spontané et l’autre un désir plutôt réactif, l’incompréhension s’installe vite. L’un attend d’avoir envie avant de se rapprocher. L’autre se rapproche pour que l’envie puisse venir. Chacun peut alors croire que l’autre ne le ou la désire plus, ou qu’on le ou la « pousse ».


En parler change tout. Nommer simplement ce que l’on vit (« Moi, mon envie vient quand on est proches »), proposer de la tendresse sans attente, et accepter un « pas ce soir, mais un câlin ? » sans y voir un rejet : voilà souvent ce qui détend la relation et permet au désir de trouver son chemin.


Alors, peut-être que la question n’est plus :

« Pourquoi je ne désire pas comme je devrais ? »


Mais :

« Dans quelles conditions mon désir a-t-il envie d’exister ? »


Et cette question-là ouvre un tout autre chemin.


Le désir n’a pas une seule façon d’exister. Il a simplement besoin de trouver le chemin qui vous ressemble.


Si vous avez envie d’explorer ce chemin avec bienveillance, je vous accompagne en séance, seul(e) ou à deux, pour comprendre comment fonctionne votre désir et lui redonner de l’espace, sans jugement, sans norme et sans pression.

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Une baisse de désir durable, ou accompagnée de douleurs, peut aussi avoir des causes physiques, hormonales ou liées à certains traitements : n’hésitez pas à en parler à votre médecin.